Brèves de chasse : Mon premier brocard à l’approche !

 

C’est la saison du tir d’été et j’ai l’immense plaisir d’être guidé pour le prélèvement d’un brocard par le président de l’Association Rhodanienne des Chasseurs de Grand Gibier (ARCGG) Jean-Michel Chevalier. Je bénéficie ainsi d’un bracelet pour le prélèvement d’un brocard sur la commune de Loire-sur-Rhône suite à ma réussite du Brevet Grand Gibier dans le Rhône (Article à venir sur le Blog) et grâce à la collaboration entre l’ARCGG et le président de l’ACCA de Loire-sur-Rhône.

 

Pour bien démarrer, il faut un équipement avec lequel on est en confiance. Les carabines Bergara jouissent d’une très bonne réputation en terme de canonnerie et je me suis donc naturellement tourné vers les modèles sélectionnés par la société Verney-Carron SA dont la Timber : ce modèle m’a plu au premier coup d’œil lors du Game Fair 2018. Cette carabine a une ligne tranchée avec un canon massif et une crosse à joue Monte-Carlo proéminente facilitant l’épaulement.

 

Image 1A - J’aime beaucoup le look de la carabine Bergara Timber qui ne passe pas inaperçu.

 

Il faut maintenant choisir le calibre : le choix est vaste, du 243 Win au 375 HH. Pour le tir d’un brocard et éventuellement d’autres gibiers comme le renard et le sanglier et pour avoir un large choix de balle permettant d’utiliser la carabine à l’approche/affût mais aussi éventuellement en battue, je m’oriente sur le 308 Win avec un canon de 56 cm. Reste encore à trouver une lunette, mon choix s’arrête sur la Leupold VX-L 4,5-14×56 B&C, très lumineuse avec son objectif de 56 mm et un fort indice crépusculaire facilitant des tirs tardifs lorsque la luminosité baisse. De plus, sa géométrie particulière lui confère une proximité avec le canon permettant un montage bas.

 

Image 1B - J’aime beaucoup le look de la carabine Bergara Timber qui ne passe pas inaperçu.

 

Concernant le choix de la balle, j’opte pour une munition Hornady Superformance SST 165 gr. polyvalente. Ça y est, l’équipement à l’épaule et la validation dans la poche, il s’agit de ma première expérience d’approche/affût au grand gibier et je suis guidé par Jean-Michel. Il me confiera ainsi une canne de pirsch conçue par ses soins et un parapluie pour masquer ma silhouette. La commune de Loire-sur-Rhône, proche de Givors, possède un biotope parfait pour le chevreuil, avec des bois entrecoupés de cultures et de prairies lui permettant de prospérer tranquillement.

 Image 2 - Mon équipement pour le tir d’été : un parapluie et une canne de pirsch.

 

Le moment de la première sortie arrive, le rendez-vous est donné à 5 h sur le terrain pour une session d’approche. En seulement 2 h, nous avons la chance d’observer 4 lièvres, 1 jeune renard et déjà 2 brocards dont un jeune. Cette première sortie n’est pas destinée à un prélèvement mais plutôt à la découverte du territoire et ce dernier est magnifique !

 

Deuxième sortie, en fin de journée cette fois, rendez-vous à 19 h 30 pour un affût. Jean-Michel me prodigue quelques conseils de placement et m’indique une position intéressante. Je serai sur la limite d’un verger de pommiers avec un pré faisant face à un bois et déjà la zone me plaît, un lièvre s’y promenant paisiblement. Après environ 30 min de repérage autour de la zone, je me dirige vers le poste convenu pour rencontrer un renard dans la zone précédemment foulée par le lièvre. Il rentrera dans le bois avant que je ne puisse l’ajuster dans la lunette. Ça y est, je m’installe à bon vent sur mon siège et déballe le matériel. Quelques instants plus tard, alors que je me retourne sur mon côté gauche, j’aperçois une masse « rouge » à 10 m de moi, il s’agit d’un jeune brocard qui ne m’a pas repéré, il est trop près pour un tir fichant et de toute façon je ne suis pas décidé à tirer… le moment est magique, le temps s’arrête tandis que le petit cervidé se nourrit, se dirige vers le verger et finit par y rentrer complètement avant de revenir sur ses pas. Probablement intrigué par une forme inhabituelle sur son terrain, il m’observe plusieurs fois fixement sans jamais fuir en mangeant quelques feuilles. Il s’éloigne ensuite progressivement vers le bois et traverse la prairie sans que je ne tente de le prélever et alors qu’il s’éloigne et que je suis encore émerveillé par ce moment, j’aperçois sur mon côté droit un autre individu arriver en hâte. Je jette un coup d’œil dans les jumelles,  il s’agit d’un mâle avec ce qui semble être une tache blanche sur le flanc gauche. C’est une tache de dépigmentation et deux supplémentaires sont visibles sur son dos, c’est une première pour moi !

 

 

Une bonne occasion de mettre en pratique les cours du Brevet Grand Gibier afin d’estimer sa classe d’âge : son cou est large, son poids très marqué sur l’avant et son apparence globale indiquent clairement qu’il s’agit bien d’un adulte. En s’attardant sur ses bois, se dessinant de plus en plus clairement dans les jumelles, il s’agit d’une tête bizarde. Il porte un trophée asymétrique, 3 andouillers à droite et 2 à gauche (andouiller antérieur manquant) d’une finesse surprenante.

 

 

Je le laisse approcher à environ 200 m puis il file dans les bois me faisant face, et se frotte les bois à plusieurs endroits avant d’en ressortir puis de venir droit dans ma direction par la prairie. Le tir m’est impossible car il ne serait pas fichant, je le laisse donc approcher, et il fait tout le travail, il est finalement dans ma zone de tir et j’attends patiemment qu’il se présente de profil… Lorsque c’est enfin le cas, vient le moment de m’appuyer correctement et de l’ajuster dans la lunette. Il est immobile, je retiens ma respiration et lâche ma balle.

 

 

Image 3 - Quelques secondes avant mon tir, le brocard se présente de travers.

 

 

Le brocard s’écroule… mon premier en tir d’été et alors que je parcours les 38 m me séparant de lui je réalise pleinement la beauté du prélèvement. Il s’agit d’un très beau brocard, d’un poids plein de 30 kg.

 

 Image 4A -  Beaucoup d’émotions menant au prélèvement d’un brocard hors-norme.

 

Ce spécimen, d’un âge estimé à 4 ans selon sa dentition, porte un trophée asymétrique avec une meule gauche inclinée vers l’extérieur, habituellement typique des vieux individus. Il présente également un trou à l’oreille droite dont il manque la pointe (blessure due au passage d’une balle ?).

 

 Image 4B - Il porte un trophée asymétrique, 3 taches dépigmentées, une oreille percée et des signes de bagarres probablement avec ses congénères.

 

 

 

 

 

 

 Image 4C - Le trophée préparé par Claude Jacquot, taxidermiste à Vernaison (tél : 06 60 54 58 51).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette soirée mémorable n’est pourtant pas finie et alors que j’attends le retour de Jean-Michel, qui chasse également ce jour-là, j’entends retentir le rauque aboiement d’un brocard dans les bois où était rentré le jeune quelques dizaines de minutes auparavant. Est-ce lui ? Je ne le saurai jamais mais alors que je lui réponds dans un dialogue incertain, je me remémore les événements de cette soirée fantastique.

 

Merci beaucoup Jean-Michel pour tes précieux conseils, ton équipement et ta disponibilité !

Bonne ouverture générale à tous ! J’espère que vous avez vécu autant d’émotion que moi cet été !

 

Un article rédigé par Sylvain V. Rédacteur Ambassadeur de La Manufacture Verney-Carron.

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