Brèves de chasse Battue silencieuse spéciale archers

La saison des battues a déjà bien commencé alors je reçois une information du trésorier de l’ARCGG dont je fais partie, concernant une battue réservée aux archers dans le Rhône. Ce sera une première pour moi qui, possédant un arc depuis quelques années, ne le sort que rarement.

 

On s’attend plutôt à rencontrer des archers lors de chasses individuelles (comme le tir d’été du chevreuil) mais certains pratiquent également la battue, soit comme dans ce cas réservée aux archers soit mixte. Ce n’est pas forcément facile car le tir doit se faire à courte distance (≤ 20 m), sans être gêné par la végétation (ni pour le mouvement de l’arc ni pour le trajet de la flèche) et idéalement sur un animal qui se dérobe. Bien qu’un tir sur un animal en mouvement soit possible, il demande une grande maîtrise. Enfin, il ne faut pas oublier que les lames des pointes de flèches peuvent être dangereuses pour nos compagnons à 4 pattes si elles restent dans l’animal fléché (un point également à prendre en compte lorsque la flèche est encochée).

 

La chasse aura lieu mi-décembre, il s’agit d’une poussée silencieuse organisée sur la commune de Saint-Romain-en-Gal par la société de chasse locale et l’association des Archers de Saint Hubert (ASH). Le territoire se trouve dans le vignoble des Côtes-Rôties (tous ceux qui prennent l’autoroute A7 ont déjà sûrement remarqué ces coteaux à hauteur de Vienne). On peut saluer ici l’action de cette société de chasse, car la battue se déroulera un samedi, jour habituellement chassé à l’arme à feu, ainsi que celle des traqueurs qui ont accepté de laisser leurs armes au râtelier et de participer au rabat des animaux ce jour.

 

Le rendez-vous est donc pris pour le samedi 14 décembre, 8 h à proximité du site de chasse. 35 archers ont fait le déplacement (Image 1), sans oublier 2 conducteurs UNUCR (Union Nationale pour l'Utilisation de Chiens de Rouge). Bien que tous soient encouragés à faire appel aux conducteurs de chien de rouge, le principal effet de la flèche étant d’induire une hémorragie, il est fréquent d’avoir recours à un chien de sang pour retrouver un animal. Les consignes de tir sont claires, nous chasserons le renard, le chevreuil et le sanglier (pour la première traque), la distance de tir est limitée à moins de 20 m et il faut comme pour toute action de chasse collective, se signaler et repérer ses voisins. Cela ne sera pas difficile car nous sommes postés très serrés. Pour moi qui ai l’habitude de n’apercevoir que rarement mes voisins en battue car nous sommes souvent sur des versants différents, ça change. L’organisation est parfaite et chacun rejoint son chef de ligne pour être posté.

 

Image 1. 35 archers étaient présents pour cette poussée silencieuse (Crédits photo : M. Carrier)

 

 

Première traque (Image 2) : aucun chien ne sera lâché et la pluie est de sortie, nous sommes une dizaine d’archers à être postés par notre chef de ligne et les âges et types d’arc se mélangent : droit, recurve et compound (Image 3). Je suis posté en-dessous d’une draille très empruntée à en juger par sa propreté et face à moi se trouve une deuxième, sur la combe me faisant face. La neige étant également passée par là et ayant entraîné la chute de branches et de certains arbres, les sentes ne sont plus les mêmes pour le gibier qui se trouve parfois dans l’impossibilité de franchir, c’est ce qui arrivera sur ma ligne (Image 4). Deux chevreuils passeront sur la draille qui me vient droit dessus depuis la combe opposée mais n’entreront jamais dans la zone de tir autorisé. Un des deux, surpris par un groupe de vététistes, passera au-dessus de moi et sortira à hauteur d’un ami, sans qu’il ne puisse décocher, gêné par la végétation.

 

Le repas partagé, et les habits quelque peu séchés, nous partons pour la deuxième traque dans laquelle un chien sera lâché. Nous sommes 7 à "barrer" le fond d’un coteau, se trouvant entre la fin des vignes et une coupe de bois (Image 5), derrière quelques arbres pour nous camoufler. Comme le matin, les rangs sont serrés (Image 6) et là encore j’aurai l’occasion de voir un chevreuil comme tous les membres de ma ligne mais trop loin pour tenter quoi que ce soit. La traque est calme lorsque j’entends soudainement le "shlack" caractéristique d’une flèche quittant la corde, c’est mon voisin de dessous qui vient de tirer (Image 7). J’entends alors casser des branches et le chevreuil s’enfuir, une courte fuite puisqu’il n’aura pas fait 100 m, terrassé par une bilame. Le brocard en refait accusera 22,5 kg sur la balance (Image 8).

 

 

 

 

 

Au total j’aurai vu 4 chevreuils différents sans occasion de tir ce jour, et profité de rencontrer et d’échanger avec d’autres archers, l’occasion aussi de parler du Brevet Grand Gibier et de son épreuve spéciale Archer.

 

Merci beaucoup à la société de chasse de Saint-Romain et aux Archers de Saint Hubert pour l’organisation sans faille ainsi qu’aux conducteurs de chien de sang, dont le service est bénévole et qui donnent de leur temps pour la recherche d’animaux blessés.

 

Le saviez-vous ?

 

- Pour chasser à l’arc en France, il vous suffit de valider une journée de formation obligatoire (pratique et théorie) et de numéroter vos flèches avec votre numéro de permis de chasser. Concernant le grand gibier, les pointes de chasse doivent posséder un diamètre de coupe ≥ 25 mm ou bien une longueur de tranchant de chaque lame ≥ 40 mm. Dans tous les cas, seules les pointes portant au minimum 2 lames sont autorisées.

 

- La vitesse d’une flèche avoisine les 60-80 m/s, bien peu comparée aux balles de carabines (600-1000 m/s) ! Il faut donc prendre en compte la réaction de l’animal au son émis par la flèche quittant la corde. Il n’est pas rare qu’un animal comme le chevreuil ne s’abaisse à la décoche en s’enfuyant.

 

- Bien plus silencieux et discret que les armes conventionnelles, l’arc permet d’intervenir dans des situations où l’utilisation d’armes à feux est dangereuse voire impossible. Par exemple dans le quartier de la Confluence à Lyon, où les archers sont mis à contribution depuis plusieurs années pour réguler la présence des ragondins.

 

 

Et vous, chassez-vous à l’arc occasionnellement ? Uniquement ?

Partagez vos expériences en commentaire

 

 

Article rédigé par Sylvain V.

Rédacteur-Ambassadeur de La Manufacture Verney-Carron.

 

 

Pour en savoir plus :

 

- Fédération Nationale des Chasseurs 

- Fédération Française des Chasseurs à l'Arc 

- Les Archers de Saint-Hubert (Président : Roland Woerner, mail : rolandwoerner16@gmail.com, tél : 06 80 36 02 10).

 

 

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